Automne

Un jour de fin de vacances

Un petit texte pour accompagner la vidéo

 

 

Les bourrasques parfois emportent avec elles ce qu’il reste d’été malaisément accroché aux branches déjà disposées à la défaite ; des mains empesées de sueur soutirent les ultimes rançons d’une terre épuisée de tant de sarclage ; et là-bas, au loin, dans le rougeoiement taciturne du crépuscule, sous les transparences opaques de brumes trop grises pour n’être pas menaçantes, s’élève l’écho à peine déformé, insidieusement travesti des clabauderies animales.  Je n’ai jamais su quoi, des bigarrures jaunâtres ou des frimas précoces, me faisaient craindre mais espérer en même temps ces prémices de flétrissure qu’on nomme automne !

Comme pour mieux nous narguer, la socialité nous invite à confondre en un même mouvement le terme de la chaleur et le début de l’apprentissage comme si les lieux d’apprentissage étaient les vestibules de la mort quand ils demeurent juste à l’opposé la promesse de l’aube !

Je sais aujourd’hui ce que les rues saccagées de feuilles jaunies, que les bigarrures chamarrées des forêts essoufflées, ce que les matinées trop embrumées peuvent receler d’invraisemblable odyssée.

C’est à toi que je le dois, toi si petit, si courageux ; toi si empressé d’empoigner la vie et de ne la rendre point.

Il y avait tellement de regards, tellement de tendresse, tant d’amour à t’accueillir dans la communauté des hommes : tu ne pouvais que t’y obstiner.

Je sais ton regard avide de découverte ; je devine tes sourires et j’attends avec muette fierté ces premiers mots qui signeront ta verve.

Un tout premier anniversaire dont tu ne garderas aucun souvenir mais qui sera, à jamais, dans les larmes de ta mère, dans les tremblements de ton père, comme l’oriflamme d’une victoire. La tienne ! la leur !

La vôtre !